Moi.
Comment je pourrais me présenter ?
C’est une très bonne question.
Je suis la petite fille qui voulait pimenter sa vie. Qui voulait changer.
Donc, j’ai fugué pour mes 18 ans.
Vous devez vous dire, que techniquement, fuguer à 18 ans c’est impossible, puisque tu es majeur et indépendant, tu ne peux donc pas être considéré comme tel.
C’est vrai.
Mais moi j’entendais faire une fugue, par, disparaître de la circulation, ne plus donner de mes nouvelles à personne. Pour moi, 18 ans représente une vie, ma première vie c’est donc achever a ma majorité, ma première vie à été normal, tellement normal, que l’envie d’en finir m’a déjà traversé l’esprit.
Là, je commence une nouvelle vie.
Moi ? Folle ?
Non. Juste le genre de personne qui change d’avis comme de chemise, sauf que moi je change de vie comme de chemise.
Mon âge ?
C’est indiscret de demander ça, mais j’ai actuellement 35 ans, mais je vous rassure tout de suite, je n’en parais que 20.
Comment ça à cet âge là, elles disent tous ça ?
Et bien, du culot, vous n’en manquez pas vous, on dirait !
Enfin, il faut de tout pour faire un monde.
Pour ma deuxième vie, j’ai décidé de faire dans l’extravagant, je serais dans une méchante organisation, genre bande de drogue, terroriste, ou faire dans le kidnapping.
Bon, pas la peine de vous expliquer, je pense que vous avez tous remarqué dans quelle branche je me suis orienté.
Pour ma troisième vie, je pensais inverser les rôles, balancer tout mes potes et me reconvertir en policière.
Comment ça vous trouvez ça dégueulasse ?
Et bien, au risque de me répéter : il faut de tout pour faire un monde !
Mais assez bavarder, je ne vais pas vous raconter ma vie entière, de toute façon, cela pourrait tenir en un paragraphe. Je ne vais pas vous parler de mes premiers amours, moi et les garçons, ça n’a jamais fait bon ménage, et comme le dit le dicton : mieux vaut être seule que mal accompagné, enfin moi ce que j’en dis…
Les enfants ? Pour être honnête, j’ai une sainte horreur de ça.
Non.
Je vais vous raconter quelque chose de différent.
Quelque chose que moi seul pourra vous raconter : Ma mort.
Comment ça, c’est impossible ?
Qui a dit que ça l’était ?
Comment ça c’est logique ?
Et bien moi j’ai décidé que non, alors puisqu’il ne me reste que quelques minutes à vivre, arrêter de me contredire et laisser moi parler.
Je vais vous léguer mon héritage !
Comment ça mon compte en banque ? Mais non, bande de vautour, je parle de mon histoire. Pourquoi vous sembler être moins intéressé tout à coup ?
Bon arrêter ou je vais vraiment me fâcher et écouter donc les dernier mots de moi : Kim Van Anna !
Le premier qui critique mon nom je le tue !
Bon, tout commença quand, j’eus la bonne, ou mauvaise vu les circonstances, idée de proposer à Lena de se faire passer pour morte avec Jail, comme ça ils seront définitivement tranquille, et je n’aurais pas à surveiller sans arrêt un gamin mal dans sa peau qui me fait des suicides identitaires.
Oui, je sais, on ne m’avait rien demandé, mais si je n’avais pas été là, l’histoire n’aurait jamais existé.
Oui, je sais, je suis très modeste….. Quoi ?
C’était dit avec ironie ? C’est quoi l’ironie ?
Bon passons.
Donc une fois que je me suis débrouillé pour être la seule à les sois disant poursuivre, je me suis rendu compte assez rapidement…. Que Jail conduisait comme un manche à balais.
Loin de là l’envie de le critiquer, et vous là-bas au fond, je sais pertinemment qu’il n’a que 16 ans, mais j’ai vraiment eu du mal à le suivre au début.
Qui a osé dire que je n’étais pas doué ?
Bon, maintenant que le silence règne, je vais pouvoir continuer.
Au moment où je m’y attendais le moins, Jail a subitement tourné, alors que le point de chute prévu était beaucoup plus bas.
Surprise, je me suis garé en catastrophe, ce qui m’a valut une contravention, et je suis descendu en trombe, j’ai même casse mon talon, pour voir si il s’en était sortit.
Qu’est-ce-que vous voulez dire par tenu non appropriée à la situation.
J’étais habillé normalement je vous ferais dire.
Toi là-bas, le petit rigolo au fond, ne commence pas à te faire des films !
Talon cassé ou pas, je suis resté belle et élégante !
Arriver sur la scène, j’ai pu constater que vu l’ampleur des dégâts, et ne les voyant plus, ils étaient très certainement mort…
Je suis quand même descendu rapidement, malgré mes chaussures cassées, et j’ai tenté de les retrouver. Sans succès. La voiture était en train de brûlé, et l’intensité des flammes m’empêchait de m’approcher pour voir, au moi, s’ils étaient dedans, ou si malgré le changement de plan, il avait pu s’échapper.
Après une demi-heure de recherche, je me suis finalement décider à rentrer bredouille. Si je restais trop longtemps, ça allait devenir suspect.
Je remontais donc pour me diriger vers ma voiture, avec deux ou trois contravention de plus, et, dépité mais tout de même optimiste, je démarrais mon tas de ferraille pour rentrer à la planque.
N’ayant pas entendu de cris déchirant de douleur, mais n’ayant pas non plus vu de corps dans la voiture, je restais sur une bonne onde : il s’en était certainement tiré.
Mais moi, se fut une toute autre histoire…
Arrivé devant la planque, je me suis immédiatement dirigé vers le bureau de Vacci, espérant être crédible…
- Vacci !
Je fis semblant d’être à bout de souffle…
- Tu l’es a ramené ?
Il n’y allait pas par quatre chemins.
- Non… Jail s’est jeté depuis un pont dans le précipice, je n’ai rien pu faire…
- Tu devais les surveiller ! Cet incident est de ta faute !
- J’ai pourtant tout fait pour les sauver, mais je n’ai pas retrouvé leur corps, ou encore vu de trace de fuite…
- Ils sont surement mort carbonisé.
Une moue dégoutée apparue alors sur le visage de notre meneur, il était certainement entrain d’imaginer l’état dans lesquels auraient été leur corps si on les avait retrouvés…
- C’est mieux ainsi.
Il avait soufflé ces mots, et j’avais du tendre l’oreille pour les entendre.
Quoi ?
C’était tout ?
Il m’avait passé un savon comme on donne la fessée à un garçon qui a ramené une mauvaise note ou qui est revenu les vêtements boueux…
Normalement, à l’heure qu’il est, je devrais être … morte ?
Vacci me congédia, assurant que ce n’était rien, alors qu’il aurait du m’en vouloir à mort d’avoir, pour dire poliment, foutu son plan par terre…
Seulement, durant toute cette conversation, je n’avais pas remarqué que quelqu’un nous observait, l’air contrarié, mais surtout haineux.
Et c’est cette personne qui, sans aucun remord, me surpris par derrière alors que je me rendais vers mes appartements.
Dans geste sec, il me trancha la gorge, mon sang giclant sur le ponton, le colorant doucement.
Je n’eus même pas la force de crier, ni même de pleurer ou encore d’appeler à l’aide.
Ce que l’on pouvait dire, c’est que lui, en tout cas, il visait bien.
Il sourit, et me lança une de ses classiques phrases sarcastiques, qui eu le don de m’énerver.
Franchement, mourir de sa main, était la pire des humiliations…
Mais, ma deuxième vie prenait fin, ma mort semblait donc logique.
Et oui, aujourd’hui, j’avais 36 ans, et 18 + 18 font 36.
Je pense que ma prochaine vie, je la passerais dans l’autre monde…
Qu’elle ironie…
La dernière chose que je vus, fut mon assassin prendre son portable et envoyer un sms.
Ensuite, il me jeta par-dessus bord, m’offrant en pâture aux requins, dont je ne sentais même plus les crocs, puisque j’étais déjà morte.
Quelques parts, près du précipice et de la carcasse fumante d’une voiture brûlée, un portable abandonné négligemment par terre sonna.
Un sms s’afficha sans que personne n’eus besoin d’appuyer dessus, le brave appareil étant en train de rendre l’âme.
C’était un sms de Carlos :
Jail… C’est horrible, tu ne vas jamais me croire… Je n’ai rien pu faire… Vacci a tué Kim.
A suivre…